
Les logements avec un PEB E et F à nouveau plus chers

Pendant plusieurs années, les logements affichant un mauvais certificat de performance énergétique (PEB) ont perdu en attractivité. Les acheteurs tenaient compte des coûts de rénovation élevés et d’une réglementation plus stricte, ce qui exerçait une pression particulière sur les biens avec un PEB E ou F. Les derniers chiffres du Baromètre ERA montrent toutefois un retournement frappant : ces logements ont de nouveau gagné en valeur. Comment l’expliquer ?
Que révèlent les derniers chiffres du Baromètre ERA sur le PEB ?
Le Baromètre ERA, élaboré en collaboration avec l’Université d’Anvers, analyse chaque année l’évolution des prix de l’immobilier en tenant compte de facteurs tels que la localisation, le type de bien et le label PEB.
La dernière édition confirme que l’efficacité énergétique reste un critère important, mais que le marché adopte aujourd’hui une approche plus nuancée qu’il y a quelques années.
Selon Johan Krijgsman, CEO d’ERA, les acheteurs choisissent différemment : « Les logements économes en énergie restent très recherchés, mais nous constatons que les acheteurs voient à nouveau des opportunités dans les biens avec un PEB moins favorable. »
Les acheteurs s’intéressent à nouveau aux biens avec un PEB E et F
Après deux années plus faibles, les logements flamands avec un PEB E ou F ont de nouveau augmenté en valeur en 2025. Ils restent toutefois sensiblement moins chers que les biens dotés d’un meilleur PEB.
Selon les agents ERA, cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs l’expliquent :
- La suspension temporaire de l’obligation de rénovation en Flandre, qui permet aux acheteurs de mieux planifier leurs travaux.
- Des prix d’achat plus accessibles par rapport aux logements avec un PEB A ou B.
- La rénovation n’est pas seulement perçue comme un coût, mais aussi comme un investissement à long terme.
La plus forte demande concerne les PEB C et D
Parallèlement, les logements avec un PEB C ou D restent les plus populaires sur le marché flamand. C'est facile à expliquer : ils constituent le plus grand segment du marché immobilier et peuvent être achetés sans obligation immédiate de rénovation.
Johan Krijgsman résume cette logique :
Beaucoup d’acheteurs recherchent un équilibre : un logement abordable, sans devoir entreprendre immédiatement de gros travaux. Les PEB C et D répondent parfaitement à cette attente.
Les maisons très performantes sur le plan énergétique, avec un PBE A ou B, restent les plus chères. Leur progression de prix est toutefois plus limitée, car elles sont déjà positionnées à un niveau élevé, ce qui réduit la marge de hausse par rapport aux biens avec un PEB moins favorable.
L’efficacité énergétique reste un facteur clé
Le fait que les logements avec un PEB E et F redeviennent plus chers ne signifie pas que l’efficacité énergétique a perdu de son importance - bien au contraire.
Selon le professeur Sven Damen (Université d’Anvers), cette évolution s’inscrit dans une dynamique de marché plus large :
Aujourd’hui, les acheteurs font des choix réfléchis entre le prix d’achat, le potentiel de rénovation et les performances énergétiques futures.
En d’autres termes, le PEB n’est plus une donnée strictement binaire. Il reste essentiel, mais il est de plus en plus évalué en combinaison avec la localisation, le type de bien, les possibilités de rénovation et le budget global.
Qu’est-ce que cela signifie pour les acheteurs et les vendeurs ?
Pour les acheteurs, un logement avec un PEB E ou F peut à nouveau constituer une entrée réaliste sur le marché, surtout pour ceux qui envisagent une rénovation progressive. Il est toutefois recommandé de bien s’informer sur les coûts et les améliorations possibles en matière de PEB.
Pour les vendeurs, cette tendance est également positive : les biens avec un PEB moins favorable trouvent à nouveau preneur. Une fixation de prix réaliste reste néanmoins essentielle.
En résumé : le PEB influence toujours la valeur d’un bien, mais il n’est plus le seul facteur déterminant.




