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Les habitations kangourous, qu’est-ce que c’est ?

En Belgique, un des défis est le vieillissement de la population, ce qui exige de réfléchir sur les modèles d’hébergement en accord avec les besoins des personnes âgées. 
Il n’y a pas si longtemps de cela, il n’était pas rare de voir plusieurs générations d’une famille habiter sous le même toit. Si les grands-parents ne pouvaient plus assumer de vivre seuls, ils emménageaient tout simplement chez leurs enfants. Aujourd’hui, cette pratique a quelque peu évolué pour donner naissance aux maisons kangourou. Le concept semble simple, mais les choses d’un point de vue légal ne sont pas si évident.

Qu’est-ce qu’une habitation kangourou ? 

Ce nom évocateur proviendrait d’Australie – tiens donc ? –, où de vastes propriétés isolées étaient partagées par nécessité lorsque les enfants vieillissants emménageaient avec leurs familles chez leurs parents. L'image d’une grande structure avec en son sein une petite poche sûre est alors évidente. Pourtant, près de la moitié de la population mondiale vit de cette façon : avec plusieurs générations sous un même toit. Les baby-boomers ont souvent de grandes habitations. Chaque famille ayant son chez-soi, chacun disposant de sa propre porte… pendant longtemps, tout cela semblait évident. Pourtant, les millenials ne peuvent plus suivre. Pas uniquement au niveau des prix, mais aussi parce que nous avons épuisé presque tout l’espace disponible. D’où : l’habitat-kangourou.

Dans une habitation kangourou, deux ou trois générations cohabitent sous un même toit. Il peut s’agir de familles, mais aussi par exemple d’une personne âgée ne pouvant plus vivre seule. Et c’est là que cela devient intéressant : finalement, quelle est la différence entre le trentenaire qui continue à habiter chez papa et maman et cette personne âgée qui profite des avantages de l’habitation kangourou ?

L’habitat-kangourou est davantage un concept qu’une habitation

Ce qui précède démontre clairement que l’habitat-kangourou est avant tout un concept. Habiter ensemble, vivre ensemble et améliorer ou simplifier ainsi la situation de chacun… tout tourne autour de ça.

Vous sentez au fond de vous-même qu’une telle forme de cohabitation n’est pas – ou plus – évidente. Les grands-parents (et même de nombreux parents) se souviennent avec émotion de papy et mamy, qui étaient toujours assis à côté du poêle, mais les générations plus récentes voient leurs grands-parents comme des jeunes retraités actifs, toujours en voyage, occupés du matin au soir et 100% autonomes. Il en va de même pour le trentenaire qui vit encore chez ses parents, qui est généralement un adulte libre et heureux. Et ces gens libres et heureux le restent jusqu’à ce qu’un conflit – bien souvent lié à la liberté des autres – éclate. Et plus ces autres sont proches de nous, plus ce risque de conflit est élevé.

Dans l’habitat-kangourou, parler est essentiel

Il y a quelques avantages évidents associés à la présence d'un adulte en plus à la maison. Regrouper les courses, garder les enfants, avoir un partenaire de conversation, disposer chez soi d’une paire d’yeux, oreilles et mains supplémentaires… Pourtant, il est important dans ce concept que chacun garde son espace personnel, son petit chez-soi. Qu’est-ce qui est privé, qu’est-ce qui est commun et comment s’organise-t-on dans la pratique ? Qui fait quoi et quid des dépenses communes ?

Habiterons-nous bientôt tous dans la poche d’un autre ?

La possibilité est en tout cas plus grande que celle où nous vivrions tous dans des villas spacieuses et vides. Tiny houses, habitat-kangourou, complexe Tanguy, logement à assistance… il y a différentes évolutions économiques et sociales qui nous poussent – chacun pour ses propres raisons – vers le ‘plus petit’, ‘ensemble’, ‘moins cher’, ‘solidaire’.

Nous vieillissons et la vie en communauté évolue. En ce sens, la Scandinavie et les Pays-Bas ont déjà une longueur d’avance.

Les règles de l’habitat-kangourou

Une maison multifamiliale, où plusieurs familles cohabitent dans une seule et même maison, ne pose aucun problème légal. Trentenaire qui reste à la maison, papy qui occupe une chambre, parents, grands-parents et (petit-)enfants qui partagent une habitation, quadragénaires qui retournent vivre chez papa-maman : tout est possible, tout est autorisé.

Pour lutter contre les marchands de sommeil, vous devez impérativement demander un permis d’urbanisme si vous scindez une habitation en plusieurs unités. Les habitations kangourous – et plus strictes ‘maisons de soins’ – sont une exception à cette règle, à condition que :

  • Tout aménagement ou rénovation est effectué dans un volume de bâtiment existant
  • L’unité d’habitation subordonnée ne peut pas représenter plus d’un tiers du volume de construction total de l’habitation.
  • Vous le signalez aux services communaux ou municipaux
  • La maison principale et l’habitation secondaire constituent un tout, avec un seul numéro et une seule entrée principale
  • Deux familles (ou plus) vivent ensemble tout en conservant leur indépendance.
  • L’unité d’habitation subordonnée est aménagée pour 2 personnes au maximum de 60 ans ou plus ou pour deux personnes dépendantes au maximum.

En outre, une habitation kangourou n’a qu’un seul propriétaire, et il existe une solidarité réciproque entre les deux parties qui résident ensemble.

Bref, il y a quelques règles à respecter, souvent au niveau local, mais une fois encore, pas vraiment. Tout cela reste très vague. Assez vague pour que vous puissiez vous réinstaller chez vos parents passé trente ans.