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L’identité résidentielle belge… ou pourquoi nous n’aimons pas déménager

Savoir où réside un Belge, c’est connaître une bonne partie de sa personnalité. Les Belges sont très sédentaires et ne déménagent pas volontiers. Et lorsque nous déménageons, c’est souvent pour nous installer à un jet de pierre de notre habitation précédente.

Sédentaire

Où et comment nous vivons en disent beaucoup à propos de notre personnalité. Notre habitation raconte qui nous sommes, et vice-versa. Les Belges trouvent toujours très important de vivre à proximité de leur nid familial. Lorsqu’un Belge achète une habitation, celle-ci se trouve généralement à moins de 5 minutes de sa maison précédente.

Les Belges sont donc sédentaires. « Il y a peu de pays dans lesquels on déménage aussi peu qu’en Belgique. Mais il y a aussi très peu de pays où il y tant d’embouteillages, tout simplement parce que la population active n’est pas encline à déménager », explique Iain Cook, managing director d’ERA Belgium. Dans les pays frontaliers, les habitants ont plus facilement tendance à déménager lorsqu’ils changent d’emploi.

Pour mieux cerner notre comportement, une échelle de logement belge a été créée : nous commençons par louer un appartement, puis nous achetons une première habitation. À l’arrivée des enfants, nous optons pour une maison « définitive », plus grande. À partir de ce moment, le Belge ne déménage que s’il y est contraint. En d’autres termes : s’il se sépare, perd son emploi… ou s’installe dans une maison de retraite.

Pourtant, avec la réduction des droits d’enregistrement, il pourrait y avoir du changement à l’horizon. « C’est une bonne chose pour la mobilité », explique Cook. « La période de récupération des coûts supplémentaires dépassant les coûts d’achat d’une habitation est très longue. » Les Belges seront dès lors plus rapidement enclins à aller habiter près de leur boulot en raison de la réduction des coûts.

Le pourquoi du comment…

D’où vient cette brique que nous avons dans le ventre ? Sommes-nous nés avec elle ? Non, il s’agit plutôt d’un comportement acquis : résider quelque part offre un statut social. Être propriétaire, c’est avoir une sensation de contrôle, d’appartenance et d’identité.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de notre autonomie, mais ça n’a pas toujours été le cas. Dans le passé, les autorités encourageaient l’accès à la propriété afin de garder les citoyens sous contrôle. La Belgique catholique a connu bien des déboires lors de l'industrialisation du XIXe siècle. Ceux qui avaient un toit et un potager n'avaient aucune raison de protester pour faire évoluer les choses. Mais les autres…

Bref, c’est la raison pour laquelle les autorités ont stimulé notre envie de devenir propriétaire. À la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, les autorités ont commencé à nous simplifier la vie pour accéder à la propriété. Réductions fiscales, primes… et une voix au moment des élections faisaient partie du jeu ! Aujourd’hui encore, les autorités favorisent l’accès à la propriété, mais plutôt par le biais de crédits bon marché et du bonus habitation.  De très nombreux subsides sont ainsi destinés à soutenir l’accès à la propriété.  

Les décideurs politiques belges n’ont jamais imposé d’unité en termes d’architecture, nous pouvons donc nous exprimer à travers nos maisons. Le résultat ? Une polyphonie de styles d’habitations, parce que notre maison nous permet de montrer ce que nous trouvons beau. Et comme on dit, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Heureusement d’ailleurs…

Le fait que le Belge ait une brique dans le ventre n’est un secret pour personne. Ce fait est aujourd’hui avéré tant sur le plan historique que d’un point de vue sociétal. Les Belges s’identifient à leur domicile : ils sont leur habitation et leur habitation… eh bien, c’est eux ! Le Belge n’aime pas trop déménager, mais peut-être la réduction des droits d’enregistrement changera-t-elle cet état de fait ?

Ce bien ne serait-il pas pour vous ?